Un taux de chlore élevé n’empêche pas toujours la prolifération d’algues dans un bassin. Même avec des équipements performants, une eau peut tourner en moins de 48 heures sous l’effet d’un déséquilibre chimique ou d’une chaleur soudaine.
Les traitements « choc » ratés figurent parmi les erreurs les plus courantes, tout comme le recours à des produits incompatibles entre eux. Pourtant, des solutions existent pour retrouver une transparence optimale rapidement, sans recourir à une vidange coûteuse.
Pourquoi l’eau de la piscine vire-t-elle au vert ?
Un matin, le choc : l’eau de la piscine a pris une teinte émeraude, parfois légèrement trouble, parfois franchement opaque. L’origine du problème saute aux yeux : les algues profitent de la moindre faille pour s’installer et se multiplier à toute vitesse. Cette coloration verte révèle le plus souvent un traitement déséquilibré, une filtration défaillante ou un manque de chlore.
Quand le stabilisant grimpe en flèche ou que le soleil tape sans relâche, le chlore perd son pouvoir désinfectant. Les micro-organismes, eux, n’en demandent pas tant pour prospérer. Résultat : la transparence disparaît, l’eau vire et le bassin perd son éclat. L’acidité (pH) et l’alcalinité jouent aussi un rôle décisif. Trop acide ou trop basique, et l’efficacité des produits plonge. L’eau devient capricieuse, difficile à contrôler.
Voici les principaux facteurs à surveiller de près pour comprendre cette transformation :
- Filtration ralentie : un filtre saturé ne retient plus les impuretés, la clarté s’efface.
- Traitement mal dosé : trop ou pas assez de chlore, un stabilisant mal réglé, et la situation dérape.
- Températures élevées : chaleur soudaine ou orages créent un terrain idéal pour la croissance des micro-organismes.
Quand ces éléments se combinent, le phénomène d’eau verte s’installe. Les traitements perdent leur mordant, la filtration ne suit plus, et le bassin devient le refuge des algues. Pour garder la maîtrise, rien ne remplace une analyse régulière des paramètres (pH, alcalinité, taux de chlore) et une surveillance attentive de la filtration.
Les erreurs fréquentes qui favorisent l’apparition des algues
Une eau trouble signale souvent des habitudes à corriger. Première cause : la filtration négligée. Un filtre sale ou mal rincé laisse les micro-organismes circuler librement, accélérant la formation d’algues. Vient ensuite le stabilisant : quand il grimpe trop haut, il bloque l’action du chlore. Les algues se multiplient alors, même si le traitement semble suffisant.
Le pH et l’alcalinité restent déterminants. Un déséquilibre, et le travail des produits devient laborieux. L’eau se trouble, blanchit parfois. Parfois, il suffit d’une légère dérive pour que le terrain devienne favorable aux algues.
L’entretien du bassin n’est pas accessoire : feuilles, insectes et débris qui stagnent sur la surface, la ligne d’eau ou le fond, apportent chaque jour une dose de matière organique. Cette nourriture pour micro-organismes, si elle n’est pas retirée régulièrement, perturbe la filtration et ouvre la porte à l’eau trouble.
Quelques points d’attention pour limiter ces erreurs :
- Filtre mal entretenu : la filtration ne joue plus son rôle, les impuretés s’accumulent.
- Stabilisant mal géré : le chlore devient moins actif, laissant la voie libre aux algues.
- Débris oubliés : leur présence accélère la prolifération des micro-organismes.
- pH et alcalinité délaissés : l’équilibre de l’eau se dégrade, la clarté s’efface.
En corrigeant ces faiblesses, votre bassin retrouve sa limpidité et les risques d’une eau trouble diminuent nettement.
Comment retrouver une eau cristalline en 5 étapes simples
1. Nettoyez le bassin et les parois
Commencez par retirer soigneusement toutes les feuilles, insectes et débris à la surface et au fond. Brossez minutieusement les parois et la ligne d’eau : c’est là que les micro-algues s’accrochent le plus. Passez l’aspirateur manuel pour capturer les particules en suspension. Cette première étape prépare idéalement le bassin au traitement à venir.
2. Contrôlez le système de filtration
Examinez l’état du filtre (sable ou verre). Un média colmaté freine la circulation et réduit l’efficacité globale. Un nettoyage soigné ou un contre-lavage s’impose. Pendant toute la phase de récupération, laissez la filtration tourner sans interruption pour éliminer un maximum d’impuretés et de micro-organismes.
3. Analysez et ajustez les paramètres de l’eau
Testez le pH et l’alcalinité. Pour que les produits agissent pleinement, visez un pH compris entre 7,2 et 7,4, avec une alcalinité autour de 100 à 150 mg/L. Ajustez si besoin, avant de passer au traitement choc.
4. Appliquez un traitement choc au chlore
Utilisez le traitement choc au chlore adapté au volume du bassin. Ce traitement cible directement les algues, bactéries et champignons. Laissez la filtration fonctionner le temps nécessaire pour laisser le chlore déployer toute son efficacité et restaurer la limpidité de l’eau.
5. Floculez et finalisez la filtration
Si l’eau reste trouble après le traitement, ajoutez un floculant. Ce produit rassemble les plus fines particules pour les rendre filtrables. Prolongez la filtration jusqu’à ce que l’eau soit parfaitement claire, sans aucun résidu en suspension.
Pour réussir cette remise en état, voici le fil conducteur à suivre :
- Nettoyage approfondi
- Filtration bien entretenue
- Paramètres ajustés au plus juste
- Traitement choc bien dosé
- Filtration prolongée et efficace
Adopter les bons gestes pour éviter une nouvelle eau verte
Prévenir plutôt que guérir
Un entretien régulier fait toute la différence pour garder une eau claire et saine. Analysez la qualité de l’eau chaque semaine. Surveillez le chlore, le pH, l’alcalinité : c’est la garantie d’un bon équilibre. Un bassin mal équilibré attire les algues et réduit l’efficacité des traitements.
Pensez à ces gestes simples pour limiter les problèmes :
- Inspectez le préfiltre de la pompe et nettoyez-le dès que nécessaire
- Retirez régulièrement les feuilles et débris à l’aide d’une épuisette
- Couvrez la piscine avec une bâche pour limiter l’entrée de poussières et d’impuretés
La durée de filtration reste un paramètre clé. Plus l’eau est chaude ou plus la piscine est utilisée, plus il faut filtrer longtemps, surtout après un orage. Adaptez cette durée à la météo et à la fréquentation.
Pensez aussi au traitement préventif algicide. Utilisé avec discernement, il freine la prolifération des micro-organismes. Respectez les dosages adaptés à votre bassin et à son niveau d’utilisation. Sur une eau bien équilibrée, l’efficacité des produits est maximale.
Ne vous fiez pas uniquement à l’apparence : un contrôle visuel ne suffit pas. Les tests colorimétriques offrent une indication rapide, mais pour les piscines exigeantes, une analyse plus poussée auprès de professionnels peut révéler des déséquilibres invisibles à l’œil nu.
Entre surveillance assidue, gestes réguliers et réactivité, la piscine retrouve sa clarté. C’est le prix à payer pour plonger dans une eau limpide, été après été. Qui refuserait ce plaisir ?


